# Futur Désiré CODIR : construire le cap qui donne envie
Ton CODIR fonctionne souvent à l’envers.
Vous regardez le présent avec les problèmes. « Le service client est lent. » « Les gens partent. » « On n’innove pas assez. » Donc vous créez un plan d’action pour corriger. Améliorer le NPS. Augmenter la rétention. Lancer des projets innovation.
C’est un truc qui paraît logique. On regarde ce qui ne va pas et on le répare.
Et ça ne marche presque jamais.
Pourquoi? Parce que tu corriges le passé au lieu de construire l’avenir. Et les gens ne se mobilisent jamais pour corriger. Ils se mobilisent pour construire quelque chose qu’ils désirent vraiment.
La méthode Futur Désiré, c’est l’inverse radical. Tu dis pas « comment on répare ce qui est cassé ». Tu dis « quel est le futur qu’on veut vraiment construire? » Et d’un coup, ça fait émerger une vraie énergie.
Pourquoi corriger le passé ça ne marche pas
Un DG débarque au CODIR avec une présentation. « Voilà les 3 problèmes majeurs de l’entreprise et les 12 actions pour les corriger. » C’est fait de bonne foi. C’est rationnel. C’est documenté.
Et il faudrait être surpris que ça ne marche pas. Mais on l’est pas, parce qu’on voit ça tous les jours dans les boîtes.
Pourquoi? Parce que un plan d’action qui part des problèmes, c’est un plan d’action négatif. Tu dis aux gens « on est pas assez innovants donc on va innover ». Mais tu donnes pas vraiment une vision positive de ce qu’on veut DEVENIR.
C’est la différence entre « j’arrête de fumer » et « je veux être quelqu’un de sain et fort ». « On doit réduire les coûts » vs « on veut être une entreprise rentable et généreuse ». Les deux phrases parlent du même truc, mais l’énergie est complètement opposée.
Corriger le passé, c’est un moteur à négatif. Ça crée de la tension, de la pression, du « faut que ». Et ça dure jusqu’à ce que le gars qui a poussé le plan parte ou que on change de problème à corriger.
Construire le futur, c’est un moteur à positif. « On veut être ceci et voilà pourquoi ça donne envie ». Et ça tient.
Donc beaucoup de CODIR se disent « on va changer notre dynamique » et ils commencent par un audit des problèmes. Ça déprime tout le monde. Et en même temps ça donne raison à tous ceux qui pensaient « on a un gros souci ».
Au lieu de quoi la vraie transformation commence quand tu dis « imaginez qu’on revient dans 3 ans et ça a vraiment marché. C’est quoi, cet avenir? » Et d’un coup les gens commencent à rêver au lieu de plaindre.
La méthode Futur Désiré : le cycle ODCT
Futur Désiré, c’est une méthode propriétaire d’Insuffle. Elle s’appelle aussi le cycle ODCT. Observe, Désire, Conçoit, Transforme.
Observe. D’abord tu regardes la réalité. Pas les problèmes, la réalité. Le terrain. Comment on fonctionne vraiment. Quel est le système. Où ça frotte. Où ça coince. Mais tu l’observes sans jugement. « On a des projets qui prennent 18 mois. Les clients sont parfois confus par notre offre. Nos gens bougent entre les services sans vraiment collaborer. » C’est une observation.
Désire. Ensuite tu poses une vraie question : qu’est-ce qu’on DÉSIRE? Pas ce qu’il faut faire. Pas ce qu’on « devrait ». Qu’est-ce qu’on rêve qu’on devienne? « On désire être une entreprise où les projets se font en 6 semaines. Où les clients comprennent vraiment ce qu’on leur propose. Où les gens collaborent vraiment parce qu’ils ont des vrais objectifs communs. » Et ça, c’est un désir positif.
Conçoit. Donc on conçoit ensemble. « Comment on devient ça? Quel serait le CODIR d’une boîte qui fonctionne comme ça? Quel serait l’organigramme? Quel seraient les processus? Quel serait le mode de réunion? » Et ça c’est de la conception collective.
Transforme. Et enfin, tu transformes. Tu implémente le design. Pas tous les gros changements en même temps (ça tue tout). Mais tu commences à bouger les leviers. Tu changes un processus. Vous changez la manière de vous réunir. Tu réorganises. Et tu le fais pas parce qu’il « faut » mais parce que ça te rapproche du futur qu’on désire.
Et voilà la clé : une fois que tu as vraiment designé ensemble le futur qu’on désire, les gens veulent absolument le construire. C’est pas du « faut que ». C’est du « on y va ».
Appliquer ODCT à ton CODIR
Donc ton CODIR démarre pas « qu’est-ce qui ne va pas ». Il démarre « imaginez qu’on a réussi ».
Ça ressemble à quoi?
Vous vous réunissez. Et quelqu’un (pas le DG en premier, quelqu’un d’autre) pose la question : « Imaginez qu’on est en 2028. Le CODIR fonctionne parfaitement. Les décisions se prennent en 30 min. On est aligné. Les gens sont énergisés. Qu’est-ce que vous voyez? Comment on fonctionne? »
Et ensuite tu écoutes. Tu écris. Et d’un coup ça sort de la bouche des gens. « On se voit chaque semaine une heure. On vraiment parle des vrais sujets. Il n’y a pas de phone pendant la réunion. » « On fait confiance les uns les autres. Quand quelqu’un dit un truc difficile, on écoute au lieu de chercher à l’écraser ». « On a un cap qu’on a vraiment décidé ensemble ».
Et voilà. Tu viens de créer le design du CODIR qu’on veut. Ensemble.
Ensuite tu dis « ok, on a ce futur qu’on désire. Qu’est-ce qu’on doit changer pour y aller? » Et là les gens proposent. Pas parce que tu dis « faut changer l’agenda » mais parce qu’ils ont viennent d’imaginer un futur où on se réunit vraiment d’une certaine façon.
C’est la même chose pour ton positionnement marché. « Imaginez qu’on est le leader reconnu de ce marché en 2027. Quel est notre différenciation? Qu’est-ce que les clients disent de nous? » Et tu laisses les gens répondre. Et d’un coup, le positionnement ne vient pas d’une consultante extérieure. Il vient du collectif. Et tout le monde le porte parce qu’on l’a co-crée.
Les trois niveaux du Futur Désiré CODIR
Quand tu fais du Futur Désiré avec un CODIR, il y a trois niveaux.
Niveau 1 : le Futur Désiré du CODIR lui-même. Comment veut-on fonctionner ensemble? Comment on prend les décisions? Comment on se parle? Ça c’est basique. Et ça ouvre des trucs quand tu vas du « on devrait mieux communiquer » au « imaginez qu’on se comprend vraiment, comment on converserait? »
Niveau 2 : le Futur Désiré de la boîte. Quel est le cap qu’on veut? On veut être quoi dans 3 ans? Et pas « avoir augmenté le CA de 20% ». Mais vraiment « quel est l’impact qu’on veut avoir? Quel monde on construit? »
Niveau 3 : le chemin des 90 prochains jours. Une fois qu’on a le futur, qu’est-ce qu’on fait maintenant pour avancer? Pas un plan de 2 ans (trop loin). Les 90 jours qui viennent, qu’est-ce qu’on met en place?
Et ça c’est beau parce que les gens commencent à voir le chemin. Pas comme une obligation. Comme une progression naturelle vers quelque chose qu’on veut vraiment.
Futur Désiré vs vision classique
Tu penses peut-être « attends, c’est pas juste une vision? » Non. C’est différent et c’est radical.
Une vision classique, ça peut venir du DG, d’un consultant, d’une réflexion interne. C’est un énoncé « en 2028 nous serons ceci ». Et tu le communiques. Et les gens disent « ok » et ça ne les touche pas.
Le Futur Désiré, c’est une co-création. Tu ne dis pas « voilà la vision ». Tu dis « qu’est-ce qu’on veut vraiment? » Et tu laisses émerger. Donc à la fin, ce n’est pas « la vision du DG qu’on doit adopter ». C’est « notre avenir qu’on a construit ensemble ».
Et l’adhésion, c’est pas la même. Quand tu as construit quelque chose, tu le défends. Tu le portes.
Mais attention aux pièges
Beaucoup de CODIR essaient de faire du Futur Désiré et ça rate.
Piège 1 : c’est une session une fois. Un jour de séminaire, on fait du Futur Désiré, c’est super, on rentre à la boîte et… rien ne change. Parce qu’il n’y a pas de structure pour que ça devienne réel. Futur Désiré ce n’est pas juste un moment. C’est un modus operandi. Tu reviens régulièrement à « qu’est-ce qu’on veut vraiment » et tu vérifies si tu avances vers ça.
Piège 2 : tu laisse les egos prendre le dessus. Un VP propose un futur et les autres l’écrasent. Et ça revient à juste « on discute » sans co-création vrai. D’où l’intérêt d’un facilitateur externe. Pour que tout le monde soit vraiment entendu.
Piège 3 : tu confonds Futur Désiré et « rêvons on ce qui est pas possible ». Non. Tu construis un futur désiré qui est ambitieux mais possible. C’est pas « imaginez qu’on a une app géniale en 2 semaines ». C’est « imaginez qu’on a une app simple et utile en 6 mois et ça change comment on travaille ».
Piège 4 : après avoir co-créé le futur, tu ne prends pas vraiment les décisions pour l’implémenter. Tu dis « ok super on y va » et tu continues comme avant. Ça tue tout.
Commencer le Futur Désiré dans ton CODIR
Pour commencer, tu vas organiser une session. Pas longue. 2-3 heures. Avec ton vrai CODIR.
Et tu poses la question : « Imaginez qu’on revient dans 3 ans et on a réussi. C’est quoi, ça? » Et tu laisses les gens répondre. Tu écris. Tu fais des synthèses. Tu cherches les patterns.
Ensuite tu dis « ok, on a ça comme futur. Maintenant, dans les 90 prochains jours qu’est-ce qu’on fait? » Et tu identifie 3 chantiers. Un pour chacun ou un collectif.
Et tu te dis « on se reparle dans 3 semaines et on vérife qu’on avance. »
C’est ça le cycle ODCT minimal appliqué à ton CODIR. Et ça change déjà pas mal. Tu peux aller plus loin avec la formation CODIR qui outille précisément ce mode de pilotage dans la durée.
À plus grande échelle, il y a le Bootcamp CODIR où on fait un vrai travail de Futur Désiré sur 2 jours avec facilitation externe. Et à ce moment là, le CODIR revient avec un cap vraiment co-construit et un plan 90 jours qu’ils portent tous.
Tu peux aussi explorer l’approche Futur Désiré en détail pour comprendre comment ça s’applique au-delà du CODIR.
La transformation réelle d’un CODIR avec Futur Désiré
Imaginons un CODIR qui part « on a un problème d’exécution. Rien ne se termine. Les gens sont fatigués. »
Approche classique : on crée un plan. « On va mieux planifier. On va avoir des point-de-suivi chaque semaine. On va cadrer les délais. » Et après 2 mois, ça déprime encore plus tout le monde parce que on ajoute des meetings et on n’accélère rien.
Approche Futur Désiré : tu dis « imaginez qu’on a de l’exécution brillante. Qu’est-ce que vous voyez? » Et les gens commencent à dire « on aurait des projets de plus courte durée. On serait plus agile sur les changements. On dégagerait des wins rapides pour garder l’énergie ». Et d’un coup, ce n’est pas « on va avoir plus de meetings » c’est « on va changer comment on lance les projets ». Et ça c’est complètement différent énergiquement.
Donc tu concevrais ensemble : « ok, au lieu de lancer un projet en 6 mois on va en lancer en 4. Mais du coup on doit découper différemment. On doit impliquer les exécutants dans le design du projet. »
Et d’un coup, tu n’es pas en train de « corriger ce qui ne fonctionne pas ». Tu es en train de « construire un mode de fonctionnement plus agile et inspirant ». Et tout le monde s’engage dedans.
Le rôle du facilitateur externe dans Futur Désiré
Pour vraiment faire du Futur Désiré avec un CODIR, il y a des pièges importants.
Le premier c’est que le DG peut inconsciemment diriger vers sa vision au lieu de laisser émerger le futur collective. Donc un facilitateur aide à préserver l’espace pour que tout le monde puisse vraiment parler.
Le deuxième c’est que les non-dits peuvent émerger. « Imaginez que… » peut réveiller des trucs qui ne se disent jamais. « Imaginez qu’on collabore vraiment » et d’un coup une personne dit « ça voudrait dire que ça VP arrête de hoarding sa fonction ». Voilà. Un non-dit est nommé. Et tu peux le traiter.
Le troisième c’est que faire émerger le Futur Désiré ça prend une capacité de facilitation qui n’est pas donné. Tu dois créer un espace, écouter les nuances, synthétiser sans imposer ta grille. C’est du craft. D’où l’intérêt d’un facilitateur qui sait vraiment comment faire ça.
Questions fréquentes
Ça ne risque pas de prendre des années à implémenter?
Au contraire. Parce que une fois qu’on a le futur qu’on désire, on peut créer des chemins progressifs. Les 90 jours qui viennent. Et les 90 après. Et ça fait que ça bouche vraiment (contrairement aux grandes vision qu’on ne regarde plus jamais).
Et si les gens proposent un futur impossible?
Ça ne se passe jamais vraiment. Les gens sont réalistes quand on les écoute. Mais si ça arrive, le facilitateur dit « ok, c’est beau. Comment ça pourrait être possible? » Et ça redevient tangible.
Il faut attendre une session longue pour commencer?
Non. Tu peux commencer la semaine prochaine au CODIR en posant juste la question « qu’est-ce qu’on veut vraiment? » Une vraie conversation ça peut durer 45 min et ça change des choses.
Ça va bloquer les décisions opérationnelles?
Non. Futur Désiré c’est une session à part, une cadence (une fois par trimestre peut-être) où on regarde les 90 jours à venir. Les décisions opérationnelles continues, elles, continuent.
Est-ce que mon CODIR ne va pas trouver ça trop « soft »?
Au contraire. Une fois que tu as un cap co-construit et qu’on se lance vers ça, ton CODIR va devenir plus crisp, plus aligné, plus décisif. Parce qu’il n’y a plus de débat sur « où on va ». Il y a du débat sur « comment on y va ».
Combien de temps avant les premiers résultats?
Dès après la session où tu construis le Futur. Les gens quittent différents. Ils savent où on va. Et dans les 90 jours qui suivent, tu commences à voir des changements. Plus de conversations alignées. Des décisions qui se prennent plus vite. Une énergie différente.