# Entretiens individuels CODIR : pourquoi 3 semaines avant changent tout

Il y a un moment où tout change dans un bootcamp CODIR. Ce n’est pas le jour 1. Ce n’est pas les slides (parce qu’il y en a pas). Ce n’est pas même les trois chantiers du jour 2.

C’est trois semaines avant. Les entretiens individuels. Lisez notre guide complet du Bootcamp CODIR pour voir comment tout s’enchaîne après ces entretiens.

Chaque membre du CODIR, 45 minutes seul avec le facilitateur. Pas en grand groupe. Pas en présence du DG. Pas de jeu de rôle ou de situation pédagogique. Juste une conversation franche sur ce qui coince vraiment.

C’est là que le diagnostic réel émerge. C’est là que les non-dits se disent pour la première fois à voix haute. C’est là que la transformation commence, trois semaines avant que le groupe se réunisse.

Pourquoi trois semaines avant, pas une semaine

Trois semaines, c’est volontaire.

Une semaine avant, le facilitateur n’aurait pas le temps de digérer ce qu’il entend et de le restituer. Les entretiens se succèderaient trop vite.

Trois semaines, c’est le timing pour : faire les entretiens (une semaine), analyser ce qui émerge (une semaine), préparer la restitution anonyme (une semaine), laisser les gens assimiler entre l’entretien et le bootcamp.

C’est aussi que trois semaines, ça crée la distance. Vous avez le temps de réfléchir après votre entretien. Vous vous préparez à ce qui va arriver au bootcamp. Vous en parlez peut-être en coulisse avec un pair. Vous êtes moins pris au dépourvu.

Et trois semaines, ça laisse au facilitateur le temps de vraiment creuser. Pas une visite de courtoisie. Une enquête de diagnostic.

La structure : 45 minutes par personne

45 minutes. Pas une heure. Pas 30 minutes. 45 minutes.

C’est le temps qu’il faut pour que quelqu’un d’important se détende et parle vrai. Les 15 premières minutes, vous vous présentez à vous-même. Vous racontez votre rôle, votre fonction, depuis combien de temps. Les 15 minutes suivantes, vous commencez à parler vrai. Les 15 dernières, vous ouvrez vraiment. Si vous voulez en savoir plus sur la posture d’un facilitateur, nous avons un article complet qui explique comment ça marche.

C’est pas un formulaire. C’est une conversation. Le facilitateur a une liste de questions, mais c’est du guidage. L’objectif : comprendre ce que tu vois vraiment, ce qui t’énerve, ce qui te bloque, ce que tu n’oses pas dire en réunion.

« Quel est le vrai sujet pour vous ? »
« Qu’est-ce qui fait que ce CODIR ne décide pas vraiment ? »
« Si vous pouviez nommer une tension non dite, ce serait quoi ? »

Les réponses sont enregistrées. Utilisées ensuite. Jamais citées nominativement.

L’anonymat : la clé de la franchise

C’est probablement la règle la plus importante du processus.

Tout ce que tu dis dans l’entretien peut être restitué au groupe le jour 1 du bootcamp. Mais jamais avec ton nom. Jamais avec une attribution.

Ça change tout. Sans anonymat, tu parles filtré. Tu dis ce qui est politiquement correct. Tu caches les vrais enjeux.

Avec anonymat, tu es libre. Le directeur financier peut dire « le DG ne m’écoute jamais ». La directrice RH peut dire « on cache les vrais chiffres de turn-over ». Le directeur opérationnel peut dire « on ne peut pas exécuter autant de priorités ». Et aucun ne risque de représailles.

L’anonymat crée un espace où l’honnêteté est possible. C’est bête. C’est basique. Et c’est absolument radical dans la plupart des organisations.

Au bootcamp, quand on restitue, on dit : « Nous avons entendu : les décisions du CODIR ne sont pas appliquées. Les vraies tensions restent cachées. On confond urgence et important. »

Tout le monde se reconnaît sans accusation. Le diagnostic n’est jamais un jugement sur un individu. C’est un reflet du système.

Les vrais sujets qui sortent

Dans une réunion CODIR classique, les vrais sujets ne sortent jamais.

En entretien individuel avec un facilitateur neutre et anonyme, ils sortent toujours.

Exemples de vrais sujets

« Le DG est impulsif. Il change d’avis trois fois. On propose rien qui vaut vraiment. »

« Les mecs du siège ne comprennent rien à la réalité du terrain. Mais on ne peut pas le dire. »

« On a décidé d’arrêter de faire X, mais on le fait toujours. »

« Il y a une tension forte entre deux membres. Tout le monde la sent. Personne ne la nomme. »

« On manque de capacité pour ce qu’on veut faire. Mais on refuse d’ajuster l’ambition. »

« On a des KPIs qui se contredisent et personne n’en parle. »

Aucun de ces sujets ne sera dit en grand groupe dans une réunion CODIR classique. Et pourtant, ce sont ces sujets qui expliquent pourquoi le CODIR tourne en rond.

L’entretien individuel, c’est l’espace où tu peux le dire.

Ce qu’il faut préparer avant l’entretien

Pas grand chose. C’est le point. Il faut que tu arrives léger.

Tu as une heure à 17h30. C’est tout ce qu’on demande. Pas de préparation, pas de dossier, pas de présentation PowerPoint. Juste toi et ta vérité.

Certains arrivent avec des notes. C’est ok. Ça aide parfois. Mais ce n’est pas demandé.

L’important c’est que tu sois disponible mentalement. Pas stressé sur autre chose. Pas tellement fatigué qu’on ne peut pas vraiment parler.

La confidentialité : au-delà de l’anonymat

Anonyme ne veut pas dire qu’on peut tout dire n’importe comment.

Il y a des limites. Les entretiens sont confidentiels. Tu peux être honnête sur les blocages, les tensions, les dysfonctionnements. Tu peux parler du DG. Tu peux parler de tes pairs.

Ce que tu ne peux pas faire : parler de choses qui n’ont rien à voir avec le CODIR (ta vie perso, tes problèmes de paie, les commérages). Et tu peux pas faire de déclarations qui mettraient quelqu’un en danger légal.

Sinon, c’est large. C’est ta chance de parler vrai. Une fois tous les trois mois environ pour un bootcamp. C’est rare. C’est précieux.

Comment c’est utilisé après

Après les entretiens, le facilitateur compile. Il voit des patterns. Certaines tensions reviennent souvent. Certains sujets sont taboues. Certaines questions restent non répondues.

Il structure tout ça en grille de diagnostic. Pas un rapport de 50 pages. Une page ou deux de reflet clair.

Puis c’est restitué jour 1 du bootcamp, avant le déjeuner. Face à face. Tout le groupe entend simultanément ce qui a émergé.

C’est le moment charnière. Vous vous regardez tous en sachant qu’on a dit la vérité, anonymement. Et soudain, le silence autour des vrais sujets casse.

Entretiens individuels vs questionnaire

Pourquoi pas un questionnaire anonyme envoyé avant ? C’est plus rapide, non ?

Non. Parce qu’un questionnaire, ça capture ce que tu penses que tu dois répondre. Un entretien capture ce que tu dis vraiment quand quelqu’un d’honnête te pose la question d’une certaine façon.

Il y a aussi le ton. La nuance. « Les décisions ne sont jamais appliquées. » Ce n’est pas la même chose que « Parfois, les décisions traînent. »

Et l’entretien crée une relation. Tu parles à quelqu’un qui t’écoute. Pas à un formulaire. Tu penses mieux. Tu dis plus vrai.

Qui peut faire les entretiens

Il faut un facilitateur. Pas n’importe qui. Quelqu’un de neutre, qui n’a pas d’agenda caché, qui sait écouter, qui peut tenir la confidentialité.

Généralement, c’est le même facilitateur qui animera le bootcamp. Ça crée la continuité. Il sait ce qui s’est dit. Il peut traiter les vrais sujets sans avoir à les réexpliquer.

Ça peut aussi être un facilitateur externe au cabinet, si pour des raisons de confidentialité extrême, vous préférez. Mais c’est généralement Insuffle qui le fait. C’est l’équipe qui gère le suivi.

Après les entretiens, mais avant le bootcamp

Il se passe trois semaines. Qu’est-ce que tu fais avec ce que tu as dit ?

Tu réfléchis. Peut-être tu en parles à quelqu’un d’autre du CODIR en coulisse. Peut-être tu penses à comment ça va bouger au bootcamp.

Ce qu’on te demande : rien. Pas d’action. Pas de mission. C’est un repos. C’est du temps pour que les choses décantent.

Trois semaines plus tard, tu arrives au bootcamp avec plus de clarté. Pas traumatisé. Pas non plus en évitement. Juste prêt à voir le diagnostic et à bouger vraiment.

Questions fréquentes

Qu’est-ce qui se passe si le DG découvre ce qu’on a dit ?

C’est impossible. L’anonymat est total. « Nous avons entendu ». Jamais « Jean-Pierre a dit ». Et même si le DG le devait déduire, ce n’est jamais confirmé. Et de toute façon, l’anonymat protège tout le monde. Pas que toi.

Est-ce qu’on peut refuser de parler vraiment ?

Oui. C’est optionnel. Mais ça n’a pas d’intérêt. Les entretiens ne servent que si tu es franc. Si tu joues le jeu, tu gâches ta place. Mieux vaut être transparent : « Je n’ai pas envie de me livrer » et garder ça clair.

L’entretien est enregistré ?

Oui. Audio enregistrement. C’est légal et nécessaire. Ça permet au facilitateur de revenir sur la nuance. Ça reste strictement confidentiel. Pas d’accès. Détruit après usage.

Est-ce qu’on peut en parler après avec les autres ?

Pas en détail. Tu peux dire « C’était utile ». Tu ne dois pas dire « J’ai parlé de X ». Et encore moins : « Quelqu’un a dit Y ». Le secret reste. C’est ce qui permet à la prochaine personne d’être franche aussi.

Si je ne dis rien de difficile, est-ce que je suis un mauvais directeur ?

Non. Certains CODIR fonctionnent vraiment bien. Les entretiens révèlent que tout roule. C’est rare. Mais c’est possible. Là, l’entretien c’est juste une confirmation.

Mais généralement, il y a quelque chose. Même dans les bons CODIR, il y a des angles morts. C’est ça qu’on cherche. Pas les gros blocages. Juste ce qui pourrait se clarifier.

C’est quoi la suite après le diagnostic restitué ?

Le diagnostic crée la lucidité partagée. À partir de là, vous travaillez sur : comment on veut qu’on fonctionne différemment ? (Futur Désiré). Puis : qu’est-ce qu’on lance pour avancer ? (Trois chantiers). Puis : qui fait quoi ? (Engagements).

Les entretiens individuels ne sont que le début. Ils déverrouillent. Le reste du bootcamp construit.


Ce qui compte : les entretiens individuels trois semaines avant ne sont pas administratifs. Elles sont transformationnelles. C’est là que vous dites vrai pour la première fois. C’est là que la confiance dans le processus s’établit.

Si vous trouvez que « 45 minutes c’est court », c’est normal. Mais c’est le bon format. Ni trop pour qu’on s’épuise. Ni trop court pour qu’on s’endorme. Assez pour se révéler à soi-même.

C’est pour ça que les bootcamps qui commencent par les entretiens changent vraiment quelque chose. Vous pouvez explorer la Formation CODIR comme alternative complémentaire. Les bootcamps qui sautent les entretiens (formule raccourcie, par exemple) perdent environ 40% de leur efficacité.